Le Coin du Problème Mars 2006

Ce premier petit article d’initiation sera consacré à un pionnier de la Composition : Auguste d’Orville (1804-1864).
Jusque vers 1840, le problème d’échecs se limitait à une position, certes composée, mais inspirée d’une partie d’Echecs.

Le problème 1 (A. d’Orville, La Palamède 1837) en constitue un exemple caractéristique :
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Mat en 5 coups

La position est équilibrée et le Roi blanc est sous la menace d’une dangereuse batterie D/C. La solution, jolie mais brutale, va consister à « aspirer » le Roi noir dans un réseau de mat :
1.Fd7+ ! Rxd7
2.Dç6+ !! Rxç6
3.Cé5+ Rxb5
4.a4+ Rxa5
5.Cç4#

Auguste d’Orville va révolutionner le monde des Echecs en publiant des positions totalement impensables pour le joueur. Le problème 2 (1842) comporte 6 figures blanches et aucune noire ! (un scandale pour l’époque !) et de plus la clé n’est pas un échec ! :

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Mat en 2 coups

1.Cç6 ! Rxç6 2. Fé4# tout simplement.

Les bases du problème moderne étaient lancées. Le problème d’échecs devient une position totalement imaginée par l’auteur. Toutes les pièces doivent participer à la solution ou à la correction du problème. Cette révolution va également provoquer le « divorce » entre la partie et le Problème.
Auguste d’Orville va publier des dizaines de problèmes « modernes », dont certains n’ont pas pris une seule ride. Par exemple le problème 3 (La Palamède 1842) est logique :

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Mat en 4 coups

Sans la TBb3, il y aurait un mat en deux coups Cç5+ Ra5 suivi du mat par le petit pion blanc. Il faut donc se débarrasser de la TB sans modifier la position. D’où l’avant-plan :
1.Tb4+ ! Ra5
2.Ta4+ !! Rxa4 mission accomplie !
3.Cç5+ Ra5
4.b4#

Trois Problèmes à résoudre

A la suite de chaque article, je vous proposerai de résoudre quelques problèmes (pas trop difficiles !). Vous pouvez m’envoyer vos solutions (et surtout vos commentaires). Il y aura un petit concours-échelle : le solutionniste qui aura atteint un certain nombre de points recevra un prix !
Mailez vos solutions avant le 31 Mars à : />
solution@echecs-saverne.net

Une indication très précieuse : les solutions de ces 3 problèmes sont « linéaires » : tous les coups noirs sont uniques et forcés !

4 : A. d’Orville (1842)

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Mat en 2 coups

il faut empêcher la fuite en d3, mais comment ?

5 : A. d’Orville (1842)

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Mat en 3 coups

la clé est inattendue !

6 : A. D’Orville (La Palamède 1837)

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Mat en 4 coups

Comment empêcher la poussée immédiate du PN ?

– Cercle d’Echecs Saverne –

5 réflexions sur “ Le Coin du Problème Mars 2006 ”

  1. J’apprécie fortement ton approche de la composition.
    J’essaie de faire de même dans le genre des multicoups orthodoxes par une présentation détaillée d’un thème (d’emblée expliqué) mettant en valeur plutôt les idées et l’esthétique que le côté « casse-tête ».

  2. Ces trois derniers problemes composes par Auguste d’Orville m’ont beaucoup plu, ainsi que l’article. J’attends impatiemment la suite. Les plus sinceres felicitations de Roumanie!

  3. Merveilleuses explications sur l’école de la Réforme dénommée également “La Vieille École” avec les problémistes Adolf ANDERSSEN (1818-1879), Julius Ferdinand BRÈDE (1800-1849) et le révérend Horatio BOLTON (1793-1873) qui furent avec Pierre Auguste d’ORVILLE (1804-1864) les quatre chefs-de-file de cette école avant “la période dite de Transition” (milieu du XIXème siècle) dont un éminent représentant fut Frank HEALEY (1828-1906) merveilleusement mis en valeur par le problème dit de Bristol (paru en 1861) sur le thème HEALEY ou BRISTOL) ….!

    Cordialement.

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