Alain Parfait (Suite …)

Article paru des les DNA du 13 mai 2007.

A propos, Alain, joyeux anniversaire avec un peu de retard 😉


Alain Ruffenach dialogue en noir et blanc

Alain Ruffenach devant l’infinie diversité de solutions qu’apporte le jeu d’échecs. (Photo DNA)Alain DNA

Après quatre saisons en N 3, le Cercle d’échecs de Saverne retrouve la N 2, qu’il a fréquenté entre 1993 et 2003. Rencontre avec Alain Ruffenach, l’une des pièces maîtresses de l’équipe, nourri aux échecs depuis l’âge de 13 ans.

« La première fois que j’ai joué aux échecs ? Ça fait longtemps », raconte Alain Ruffenach qui s’apprête à fêter, demain, son 50e anniversaire. « C’est mon frère qui m’entraîne vers ce jeu, je devais aller sur mes 13 ans », se souvient ce natif de Hellert en Moselle. Ses parents tiennent à ce moment-là un magasin à Sarreguemines. C’est donc dans la cité des faïences qu’il va tirer le premier trait d’union entre sa vie et sa passion.

« Il y a plus d’aventures
sur les 64 cases que sur
toutes les mers du monde »

Pendant deux, trois ans, il apprend les règles, les combinaisons, « avec un professeur remarquable, M. Veillant ». Mais ses études vont prendre le dessus, « le jeu d’échecs est une discipline où il faut beaucoup s’investir », explique Alain Ruffenach, « je n’avais plus le temps, et peut-être pas l’envie non plus ».

Il renoue avec l’échiquier en 1976, s’inscrit au CE Strasbourg et cette fois, il va plonger dans le grand bain. A 19 ans, sa passion est forte. Commence alors un dialogue sans fin avec la grille noire et blanche. « Il y a plus d’aventures sur les 64 cases que sur toutes les mers du monde », déclarait un jour l’écrivain français Pierre Mac Orlan.
Pas encore d’attaque pour se mesurer aux meilleurs, Alain Ruffenach va travailler ses faiblesses. Pour prétendre à l’efficacité, l’organisation et la discipline de jeu doivent être parfaites.

« Ma médaille, je la reçois
des mains d’Anatoli Karpov,
ça ne s’oublie jamais »

La moitié de ses congés, ceci encore aujourd’hui, est consacrée à sa passion favorite, « mais c’est toujours le plaisir qui domine, par exemple quand on savoure une belle attaque ou quand on analyse une finale complexe ».

Plusieurs fois champion de France, il se souvient de cette finale nationale corporative remportée avec l’équipe de la SNCF, retransmise sur écran géant. « Ma médaille, je la reçois des mains d’Anatoli Karpov (grand joueur russe, champion du monde en 1975, 1978 et 1981), ça ne s’oublie jamais ». Ou encore ce moment qui restera lui aussi éternellement gravé dans sa mémoire, « c’était à Bordeaux, nous étions une trentaine à affronter dans une partie simultanée le grand maître Victor Korchnoï. A un moment donné, le voilà à côté de moi, accroupi, en train d’analyser une situation complexe ».
Autre rayon de ces souvenirs qui l’ont marqués, c’est à l’open de Metz, Alain Ruffenach raconte, « je joue contre Antony Miles, qui figurait dans le top 10 mondial, sur un de mes coups, il réfléchit pendant une heure, puis fait le sacrifice d’une pièce. Je n’ai pas pu le contrer. Quand le partie était finie, il est revenu vers moi, me montre, avec une vitesse vertigineuse les coups, et me dit, – voilà à quoi on devait aboutir, et maintenant ce n’est pas clair- j’étais fier ».

Dans la vie, comme sur
un échiquier, tout est
en perpétuel mouvement

Grâce aux échecs, Alain Ruffenach, cadre à la direction des achats à la SNCF, va rencontrer Joanna,l’amour de sa vie. « C’était lors d’un déplacement en train, pour se rendre à un tournoi ». Le hasard, peut-être pas, car dans la vie, comme sur un échiquier, tout est en perpétuel mouvement. Des espoirs naissent, d’autres se détruisent. La richesse, la beauté et l’intensité dramatique s’entre mêlent.
Et si la société se réduisait au jeu d’échecs ? « Oui, c’est une leçon de vie, les échecs mettent en valeur les notions d’ordre, d’organisation, de complémentarité et de solidarité », souligne ce joueur qui ne trouve que passion dans son loisir préféré. Le fait qu’à la table en face, également sous les couleurs de Saverne, évolue un professionnel venu de Lettonie, ne le gêne pas. Seul compte le plaisir de disputer une partie d’échecs. Avec la joie de la victoire ou la tristesse de la défaite. Le blanc ou le noir.

R. H.

© Dernières Nouvelles D’alsace, Dimanche 13 Mai 2007. – Tous droits de reproduction réservés

Cercle d’Echecs Saverne – Marathon 2017 le 21-22 octobre.

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